Les lisiers responsables de saprolégniose ?

Très bon article d’un confère d’ANPER-TOS, Didier Pruneaux, pharmacologue et biochimiste qui conclut:« les indices sont nombreux et convergents pour inculper l’ammoniaque des lisiers comme inducteur et déclencheur des infections fongiques conduisant à la mort des truites et des ombres dans les rivières Franc-comtoises. »

Il émet l’hypothèse d’un lien très fort entre la calamité des lisiers et le développement de la Saprolégnia, maladie fongique (champignons) qui touche de façon récurrente les poissons des rivières comtoises. Ne doutons pas que les partisans de l’intensivisme agricole tenteront de discréditer cet article mais les fondements scientifiques sont là. Et une nouvelle fois la question se pose: est-il acceptable de laisser les élevages bovins (production laitière à Comté) passer d’un élevage sur paille (fumier) à un élevage de type lisier sur des plateaux jurassiens aux sols fragiles?

Cet article est aussi l’occasion de refaire le point sur la saprolégnniose sur les rivières comtoises.

Lien vers l’article ici.

Le Collectif SOS LRC s’associe pleinement à cet article avec un seul bémol: la méthanisation qui, certes diminue l’ammoniaque mais fait flamber les quantités d’azote et de phosphore, le tout sous des formes hautement lessivables et donc très génératrices de proliférations algales. Plutôt que de méthaniser les lisiers, il nous semble dès à présent opportun de stopper le développement des élevages sur lisier et de limiter les productions laitières (leur augmentation conduit à de forts excédents d’effluents d’élevage). La méthanisation ne peut s’envisager, pour ne pas être trop néfaste, que sous un versant agronomique (production de fertilisants dans un panel incluant des fumiers et compost), localisé à l’exploitation et uniquement de lisier. Sous cette forme, l’opération est neutre au niveau nutriments (azote et phosphore) mais peu productrice d’énergie donc peu rentable. Sur un versant énergétique tel qu’elle est développée actuellement,  les quantités de nutriments flambent (les matières fortement productrices de méthane produisent beaucoup d’azote et de phosphore). Le risque est aussi de voir méthaniser des fumiers (nombreux projets car plus rentables) et donc de transformer des fumiers (moins lessivables) en équivalents de lisier. Le compostage des lisiers (mélange avec de la paille) nous semble une voie plus intéressante à étudier pour les élevages sur lisiers déjà en place car ils génèrent des équivalents de fumiers moins lessivables et donc plus adaptés.

Rappel sur la saprolégniose

La saprolégniose est une maladie qui touche les poissons affaiblis. Sur les rivières comtoises, elle a fait des ravages. Les milieux aquatiques dégradés favorisent l’affaiblissement des poissons et des souches plus agressives de Saprolégnia ont aussi été identifiées. Par le passé, de rares épisodes similaires se sont produits. Actuellement, ils ont lieu chaque année au printemps. Le printemps est certes une période de frai donc de vulnérabilité des poissons mais c’est aussi une période de vastes épandages de lisiers et de grosses proliférations algales noirâtres. Les lisiers se sont considérablement développés dans les élevages de vaches montbéliardes laitières pour le Comté, ils sont acides, chargés en nutriments lessivables (ce qui provoque des proliférations algales) et peu adaptés aux sols maigres des plateaux jurassiens. Dans cet article, Didier Pruneaux rappelle les effets néfastes de l’ammoniaque des lisiers sur les capacités de défense antifongique et antibactérienne des mucus.

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