Pollution à Grange-de-Vaivre : la fromagerie mise en cause

JURA – Grange de Vaivre – MARS 2020 – Suspicion de pollution fromagerie Val de Loue. Tous les contacts locaux (garde pêche, représentant OFD, maire, directeur de la coopérative fromagère) ont été prévenus de cette pollution qui aurait, selon nos informations, duré au moins une semaine.

Réponse reçue de la part du président de la coopérative

« Bonjour, en temps que Président de la coopérative je souhaiterais apporter quelques éclaircissements sur cette situation. Une pompe de relevage de notre station de traitement des eaux usées de la fromagerie est tombée en panne il y a deux semaines. Le temps de recevoir une nouvelle pompe, 4 à 5 jours se sont écoulés. Notre système de traitement des eaux est de type SBR, ce sont des bactéries qui traitent les eaux usée. Après aération et décantation une partie des eaux repart dans le milieu naturel. Cet incident technique a causé une « indigestion » aux bactéries. Le retour à la normal du système peut mettre plusieurs jours. En temps qu’agriculteur bio nous ne sommes pas du tout à l’aise avec cette situation. Contrairement à ce qui a été dit j’ai rencontrer la Mairesse de Grange de Vaivre pour constater la pollution, je suis également en contact avec la police de l’eau et la DREAL pour justifier de cet incident et faire que tout revienne le plus rapidement possible à la normale. D’autre part, je tiens à signaler que cette pollution est de type organique, c’est une petite partie des eaux de lavage de fromagerie comprenant un peut de graisse du à l’activité laitière. Nous ne prenons pas du tout ce sujet à la légère mais en période de confinement toute démarche est plus longue. Restant à votre disposition. »

Pierre-Emile Brigeard – Président de la coopérative

Réponse du collectif SOS LRC

Cette énième pollution issue des fromageries, des fruitières se situe dans le contexte générale de production des quatre AOP fromagères dont l’AOP Comté qui s’ajoute à la situation d’excédents de matières organiques produites par les fermes en zone karstique. 

Les volumes de lait à Comté ont augmenté de 21 % en quelques années, les cuves à lisiers débordent et les épandages se sont poursuivis durant tout l’hiver. 

Jamais le litre de lait standard à Comté n’a été payé aussi cher.  

Les efforts du CIGC pour faire progresser les exportations de Comté jusqu’en Chine sont un encouragement à produire toujours plus au mépris des rivières et de la biodiversité florales des prairies. 

Dans ce contexte économique florissant, ne pas disposer d’une pompe de secours pour un équipement industriel situé proche d’une rivière est irresponsable.

Autant de signes de mépris pour les rivières en quelques semaines, que ce soit à Cléron, à Oye et Pallet ou à la Grange de Vaivre. 

Depuis quelques semaines, les autorisations d’épandage de printemps ont libéré des milliers de tracteurs et de tonnes à lisiers sur les plateaux. Les fonds des rivières vont se teinter une fois de plus en marron et la biodiversité aquatique va en subir les conséquences. Chercher l’erreur entre les discours et les faits !

Parmi les demandes exprimées par SOS-LRC depuis 2012 pour sauver les rivières, il y a le passage générale en BIO et le retour à l’autonomie alimentaire de toutes les fermes AOP. Ces dispositions indispensables ne suffiront pas à sauver les rivières sans une prise de conscience approfondie des responsabilités de chaque acteur économique.


Puisque vous êtes ici…

… nous voudrions vous rappelez que la crise que connaît nos rivières est toujours présente. 10 après les premières mortalités, cette crise ne bénéficie pas d’une prise de conscience suffisante à la hauteur de l’enjeu. Nous ne parlons pas que de poissons mais aussi de notre bien commun à tous : l’eau ! Le collectif SOS LRC s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu. Pour cela, nous avons besoin de votre soutien.  Même pour 1 €, vous pouvez SOUTENIR le collectif SOS LRC — et cela ne prend qu’une minute, en cliquant ICI. Merci.

3 commentaires sur “Pollution à Grange-de-Vaivre : la fromagerie mise en cause”

  1. Les agents de l’OFB peuvent ,s’il le veulent ou si leurs chefs les y autorisent (???) constater les actes illégaux.
    Il suffit d’une paire de jumelles,d’un bon télé-objectif mais surtout d’une vraie volonté .
    C’est d’une simplicité enfantine.
    Sur l’air connu de  » mais que fait la police ?  » on peut dire maintenant :  » mais que fait l’OFB ? »…

  2. Bonjour,
    Une pompe de relevage en panne provoque logiquement l’envoi immédiat des eaux usées dans la rivière. Ce qui est un cas qui ne doit jamais se produire. Voir pourquoi après.
    Inutile donc de nous parler du procédé de traitement aération/décantation qui est hors de cause puisqu’en aval du poste de relèvement.
    Traitement biologique apparemment. Qu’en est-il du traitement chimique éventuel ?
    Mais… dans un poste de relèvement il doit TOUJOURS y avoir deux pompes qui fonctionnent soit en alternance soit en secours. Deux modes de marche à choisir selon les cas.
    Question … La seconde pompe était-elle aussi en panne ?
    Le courrier du directeur n’est donc pas clair (sans parler des fautes de français)
    Daniel
    Monsieur le président (ou sa secrétaire) peuvent profiter du confinement pour s’inscrire à des cours de français.

  3. En Suisse, le collectif « Doubs vivant  » réunissant les ONG : WWF, ProNatura et la Fédération Suisse de Pêche FSP, alerte les autorités depuis longtemps sur la problématique des pollutions issues de l’agriculture et la sylviculture. Un atelier est agendé le 2 juin 2020 (à confirmer pour cause de Coronavirus !) pour évoquer ces thèmes afin de les intégrer dans la Plan d’action national (suisse) en faveur du Doubs. Les autorités fédérales (OFEV – office fédéral de l’environnement, OFAG – office fédéral de l’agriculture), cantonales et les ONG sont conviées à cet atelier plus que nécessaire. Pour rappel : suite à la plainte déposée auprès du comité permanent de la Convention de Berne à Strasbourg (plainte « Apron »), cette instance demande à l’agriculture de contribuer au sauvetage du Doubs … En novembre 2018 (!), le comité permanent de la Convention de Berne a constaté avec inquiétude que l’état de l’Apron – également connu sous le nom de « Roi du Doubs » – ne s’est pas amélioré et que cette espèce emblématique était toujours gravement menacée d’extinction. Il estime que beaucoup de mesures doivent encore déployer leur effet et qu’il n’y a pas de mesures suffisantes pour réduire les polluants en provenance de l’agri- et sylviculture.
    Merci pour votre travail sur le terrain … les images valent mieux que toutes les paroles …

Répondre à PREVEDELLO Maxime (membre du bureau directeur de la FSP) Annuler la réponse

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