Effacement du barrage du Theusseret : la rivière attend toujours.

Alors qu’une nouvelle pétition tente de relancer l’opposition à l’effacement, SOS Loue et Rivières Comtoises réaffirme sa position, inchangée depuis plus de 10 ans : ce barrage doit disparaître. Voici pourquoi.


Depuis 2017, SOS Loue et Rivières Comtoises porte avec d’autres associations françaises et suisses la même conviction : l’effacement du barrage du Theusseret est une nécessité écologique. Ce n’est pas une posture idéologique. C’est le résultat d’études scientifiques sérieuses, d’un consensus binational et d’un constat simple : le Doubs franco-suisse souffre, et chaque obstacle supplémentaire aggrave son état , tout comme les pollutions qu’elle subit..

Une nouvelle pétition circule pour « sauver » ce barrage du XIXe siècle. Nous respectons l’attachement au paysage et à l’histoire locale. Mais nous ne pouvons pas laisser la nostalgie du patrimoine l’emporter sur la nostalgie du vivant. La première nostalgie qui doit nous animer, c’est que le DOUBS redevienne une rivière vivante.


Ce que disent les faits

1. Le barrage amplifie les effets des pollutions et du réchauffement climatique.

Le Doubs cumule des pollutions agricoles, industrielles et domestiques. Dans ce contexte, chaque retenue d’eau aggrave le problème : elle ralentit le courant, augmente la température, favorise la prolifération d’algues (eutrophisation) et réduit la teneur en oxygène. Avec ses 3,60 m de chute et 900 m de retenue, le Theusseret n’est pas neutre. Sur ce type de rivière large au peuplement salmonicole dominant (seuils de température impératifs à ne pas dépasser) ,  Il est réellement un facteur aggravant.

2. Les passes à poissons ne sont pas une solution.

 C’est l’argument classique des opposants à l’effacement : « on peut installer une passe à poissons ». Non. Les passes à poissons ne compensent qu’une fraction des dégâts d’un barrage. Elles n’agissent pas sur la température, les sédiments (sables et graviers), la nappe phréatique, ni sur l’ensemble du vivant aquatique. Elles sont un pis-aller, et n’apportent pas  une réponse suffisante dans ce cas précis.

3. L’effacement restaure ce que le barrage détruit.

 Supprimer le barrage, c’est concret : rétablissement de la continuité écologique pour les poissons (migration, frai, brassage génétique) ; libre circulation des sédiments et des graviers vers l’aval ; maintien de la relation « nappe phréatique / rivière » par l’utilisation des pierres de démolition et l’apport d’habitats compensatoires ; réduction des pics de température en été . Ce n’est pas de la théorie, ce sont les résultats observés après les effacements déjà réalisés sur d’autres cours d’eau comtois ,quand l’indication est bien posée.

4. La micro-hydroélectricité ne justifie rien.

 L’énergie produite par ce type d’ouvrage est marginale, non stockable, et n’est viable économiquement que grâce à des subventions publiques. Continuer à abîmer nos rivières pour ça, en 2025, n’est pas défendable.

5. Le cadre scientifique et institutionnel est clair.

 Depuis 2017, les études de faisabilité conduites par l’EPTB puis l’EPAGE ont confirmé la faisabilité de l’effacement. Un groupe de travail binational franco-suisse a recommandé l’arasement. Les ONG environnementales des deux pays sont alignées. En janvier 2026, le tribunal administratif de Besançon a rejeté le dernier recours juridique contre le projet. Il n’existe plus d’obstacle légal à un effacement bien conduit.


Notre position est constante depuis dix ans

SOS Loue et Rivières Comtoises a lancé dès 2017 une pétition pour l’arasement du Theusseret, co-signée par Pronatura Jura, FNE Doubs, ANPER-TOS, la fédération de pêche du Doubs et l’APPMA La Franco-Suisse. Nous n’avons pas changé d’avis, parce que la rivière n’a pas changé d’état.

Nous n’opposons pas patrimoine et écologie. Mais quand un ouvrage du XIXe siècle aggrave vraiment la souffrance d’une rivière déjà meurtrie, le maintenir au nom du paysage est un choix que nous ne pouvons pas cautionner. Cette position n’est pas systématique. Elle s’applique au cas par cas.

En l’occurrence , elle s’applique incontestablement au THEUSSERET. Le Doubs en a besoin. Et nous continuerons à le dire.


SOS Loue et Rivières Comtoises, avril 2026

→ Retrouvez nos positions et documents de 2017 et 2018 dans nos archives : Oui, il faut effacer le barrage du Theusseret sur le Doubs Franco-Suisse et Doubs: libre-circulation pour les poissons sans le barrage du Theusseret

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