Micropolluants dans le Doubs Franco-Suisse: l’étude intégrale en ligne

Une étude réalisée par Jean-Louis Walther, spécialiste international des micropolluants dans l’eau, démontre la présence forte et parfois massive de micropolluants dans le Doubs franco-Suisse. A revers des études officielles autant suisses que françaises. Ces micropolluants provoquent des atteintes majeures sur les milieux aquatiques. Ils sont aussi le marqueur des pollutions agricoles, domestiques et industrielles, ce qui peut permettre d’envisager des mesures correctives ciblées, objectif principal des ONG: comprendre mais surtout agir.
Version complète de l’étude sur les micropolluants dans le Doubs en version pdf et article de l’Est républicain avec interviews sur le sujet en fin d’article.

Explications de texte sur ce scientifique helvète, le décalage avec les études officielles et les perspectives éventuelles de tels travaux.

Jean-Louis walther est un spécialiste suisse des polluants dans l’eau. Il a travaillé dans le domaine de la potabilisation de l’eau à travers le monde. Il maîtrise parfaitement à ce titre, l’identification et l’élimination des polluants dans l’eau en vue de sa consommation. Il a aussi travaillé sur la tristement célèbre décharge de Bonfol (décharge de produits chimiques des industriels bâlois, combat de Greenpeace dans les années 80) en participant à la mise en évidence, très difficile, de résidus de ces produits chimiques dans l’eau. Qu’il soit ici vivement remercié pour son apport scientifique aux ONG environnementalistes de la défense de l’eau tant françaises que suisses.

Pourquoi cette étude est différente des études officielles ou tout simplement des autres études?

Cette étude de Jean-Louis walther utilise des capteurs passifs: ce sont des membranes, sorte de grosses éponges, qui sont immergées dans l’eau plusieurs mois et absorbent les micropolluants qui la traversent durant toute leur immersion.

A contrario, les études officielles ne se fondent que sur des prélèvements ponctuels d’eau. En général une fois par an, c’est à dire que tout polluant non présent à cet instant T, ne sera pas identifiable. Toute un monde… Grâce aux capteurs passifs on saisit donc non plus un instant T mais 3 mois de qualité d’eau en continu… 

Jean-Louis Walther fait doser un panel de plusieurs centaines de micropolluants. En plus du caractère plus exhaustif, cela permet de mieux définir les origines des pollutions: certains micropolluants sont spécifiques de certains types de pollution.

Les études officielles dosent bien moins de micropolluants.

Sur 35 km, il y avait 10 capteurs, bien supérieurs au nombre de points de prélèvements officiels. Ce nombre de capteurs important permet une vue globale de la rivière et permet de diagnostiquer les zones les plus impactées.

Les dosages sont réalisés par un laboratoire français dûment agrée. Les membranes sont de production française et leur fiabilité n’est pas contestée.Les résultats ne peuvent être contestés.

Pour être complet, la méthodologie est gourmande en matière grise pour le positionnement des capteurs et leur analyse mais n’est pas plus coûteuse au final.

Quels sont les résultats et les conséquences?

Les micropolluants sont très nombreux. Ces micropolluants impactent fortement la rivière (destruction des invertébrésmicro qui sont des épurateurs des rivières par exemple…). Selon les secteurs on retrouve des origines domestiques, industrielles, hospitalières et agricoles. A partir de la localisation des capteurs et des polluants identifiés, il est possible d’identifier certaines sources de pollutions. On peut parler de véritables barrages chimiques: par endroits les zones sont tellement polluées que cela empêche même les espèces de pouvoir s’y maintenir.

Il apparaît d’ores et déjà que les stations d’épuration ne jouent pas suffisamment leur rôle notamment les petites. Pour résumer, les STEPs réussissent plus ou moins à diminuer la charge en nutriments (azote, phosphore) mais très peu en micropolluants, ce qui implique des traitements spécifiques mais connus, maîtrisés sans être de coût démesuré. Ce sont des mesures qui peuvent voir le jour rapidement. Des zones sont aussi fortement impactées par les pollutions agricoles par exemple.

Pourquoi les autorités ne veulent s’y référer?

Pour éviter toute mesure corrective, le mieux est de nier toute pollution notable. C’est la stratégie officielle actuelle. Symbôle du peu d’entrain dans le domaine malgré les beaux discours.

Dans l’avenir?

Ce type d’étude doit permettre d’identifier le type de pollution et de les localiser plus ou moins grossièrement. C’est un moyen simple et moins coûteux que l’amoncellement d’études actuelles. Il permet surtout d’envisager des mesures correctrices rapides sur certains secteurs.

A nos élus et responsables de saisir la balle au bond pour permettre des investissements efficaces pour nos rivières.

Pour en savoir plus: Rapport Doubs ProNatura WWF

Article de l’Est Républicain du 15 octobre 2017

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