Nous voulons + que des coquelicots

ou la Reconquête de la biodiversité florale des prairies naturelles

Nous voulons des coquelicots.”  Si vous habitez en France et que vous ne vivez pas reclus, vous avez forcément entendu cette phrase. Cet appel, lancé en Septembre 2018 par plusieurs associations, a recueilli plus d’1 million de signatures en faveur de l’interdiction des pesticides de synthèses.

Ici, dans notre région, pour nos rivières et pour nos paysages comtois, nous voulons + que des coquelicots. Et les Montbéliardes sont d’accord avec nous ! En ces jours chauds et secs de mai, nous entrons dans la période traditionnelle des foins. Parmi vous, qui se souvient encore des prairies fleuries de l’époque pas si lointaine du début du 21ème siècle, et principalement des prairies de la zone des premiers plateaux ?

Aujourd’hui, nous affirmons que l’effondrement de la biodiversité florale impacte l’image d’une partie de l’agriculture locale et questionne sur la sincérité des publicités du Comté qui parlent des milliards de fleurs du Jura. Les consommateurs ont gardé en mémoire les prairies de l’époque et constatent tous les ans la disparition de nombreuses variétés de fleurs, mais aussi des insectes, papillons et des oiseaux.

De l’importance d’une flore diversifiée

“Une flore diversifié, apporte plusieurs choses : 

==> une garantie, face aux aléas de la nature, quand une espèce a du mal à venir, une autre peut prendre le relais bcp plus facilement dans une prairie qui est diversifiée, 

==> cela apporte aussi de la souplesse dans l’exploitation avec une fenêtre de tir beaucoup plus longue pour la fauche, sans perdre forcément beaucoup en terme de rendements, ce qui, avec les aléas climatiques, est très intéressant,

 ==> cela apporte de la santé aux animaux en apportant pas mal de compléments alimentaires qu’on n’a pas besoin d’aller chercher à travers du minéral ou de la chimie.”

source : François Dehondt – Expert Flore pour le conservatoire botanique Nationale de Franche-Comté source : Concours des prairies fleuries en Petite Montagne • Juin 2017

Des causes connues sur lesquelles il faut agir

Cette disparition de la flore est due à plusieurs facteurs dont principalement les excès d’azote, les chargements UGB sur sols peu profonds et des récoltes trop précoces et trop nombreuses.

La libération des quotas, l’augmentation des volumes de lait de plus de 21% ces dernières années poussent les agriculteurs à faucher de plus en plus tôt et de plus en plus souvent au détriment de la biodiversité des prairies. La révision du cahier des charges ne prend pas assez en compte ce problème pourtant visible de tous et qui ne peut que nuire à l’image de l’AOP comté  (Appellation d’Origine Protégée).

Comment la filière peut-elle continuer de communiquer sur la notion de vaches heureuses au milieu de prairies fleuries et associer le fromage à la préservation de la biodiversité quand la réalité est tout autre ?

La flore : pas assez connue, et surtout reconnue dans le monde agricole ?

“On se rend compte souvent, à l’occasion des concours de prairies fleuries, que les agriculteurs connaissent relativement peu la flore qui abritent leur prairie et ce n’est pas quelque chose qui est valorisé. Ce qu’on amène sur un comice agricole, ce n’est pas un bout de sa prairie, c’est une de ses bêtes. Donc, je trouve que cet outil est particulièrement intéressant pour les sensibiliser à la biodiversité et amène peu à peu, notamment depuis son inscription au concours général agricole, de plus en plus d’agriculteurs à se positionner, à être fier de la diversité floristique de leurs prairies !”

source : François Dehondt – Expert Flore pour le conservatoire botanique Nationale de Franche-Comté source : Concours des prairies fleuries en Petite Montagne • Juin 2017

Le monde agricole dans sa globalité veut-il revoir des fleurs dans les champs ? Pour cela est-il prêt à :

  • Préserver et restaurer les zones herbagères.
  • Développer et utiliser une banque de semence locales et rustiques.
  • Recherche de variétés résistance à la sécheresse.
  • Réaliser des fauches plus tardives.
  • Développer l’agroforesterie et reconstruire les paysages bocagers. 
  • Supprimer ou limiter les apports d’azote.
  • Supprimer l’usage des casses cailloux sur les zones affleurantes pour préserver la biodiversité spécifique et très riche du massif jurassien.

Toutes ces actions auront un impact très important sur la nature, ses paysages, sa biodiversité, sa ressource en eau et forcément sur les rivières. Nous demandons qu’une réflexion soit engagée et que nos propositions soient intégrées dans le futur cahier des charges du Comté.

Nos Montbéliardes méritent les milliards de fleurs qu’on leur a promis.


Pour aller plus loin

Puisque vous êtes ici…, le collectif SOS Loue et Rivières Comtoises a besoin de moyens pour pouvoir réaliser ses actions et pour vous tenir informés.  Cliquez ici pour nous SOUTENIR — cela ne prend qu’une minuteOn a besoin de vous ! Merci !

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