Protégeons le Lison : NON à la centrale d’enrobage de Lemuy (39)

L’association de pêche l’Amicale du Haut Lison nous a transmis un dossier incroyable : il s’agit d’un projet d’installation d’une centrale d’enrobage à chaud sur la Commune de Lemuy (39) sur des zones connues de failles et de pertes qui alimentent directement la Source du Lison à Nans sous Sainte Anne.

Ce projet, évidemment, est susceptible de porter atteinte à la qualité des Eaux du Lison, au vu de la sensibilité karstique du bassin versant du Haut-Lison et de ses incidences prévisibles sur les milieux aquatiques, par ailleurs déjà très fragilisés par les activités humaines et les changements climatiques. L’implantation d’un tel projet sur la commune de Lemuy n’apparait pas réaliste et serait contradictoire avec les préoccupations environnementales actuelles

Protégeons la source du Lison

La commune de Lemuy est en effet située en plein cœur d’une zone humide (site classé par la DIREN et la DREAL), et son bassin hydrographique alimente directement la source du Lison située sur la commune de Nans sous Sainte Anne.  Or une étude podologique et hydrogéologique du site fut réalisée en 1973 (lors de la préparation au remembrement). Elle montre que la commune de Lemuy est localisée sur un sous-sol calcaire datant du Jurassique, très perméable et drainé vers l’aval en direction du Nord vers la source du Lison. Ainsi les eaux pluviales qui lessivent les sols de la commune de Lemuy seront progressivement chargés en hydrocarbures, produits bitumineux et en métaux lourds issus des rejets atmosphériques quotidiens, et termineront leur trajet dans les eaux souterraines drainées jusqu’à la source du Lison. 

Un diagnostic complaisant

Le diagnostic Enviroma joint au dossier du projet manque de garanties sérieuses, pour ne pas dire frise le ridicule au niveau de l’argumentaire scientifique, puisqu’il précise que « Le point de rejet (d’effluents liquides) sera identique au rejet actuel des eaux pluviales qui rejoignent un fossé. Selon la carte IGN, ce fossé n’est connecté à aucun cours d’eau ». De plus, il est mentionné que « Le site n’est pas inclus dans aucune zone naturelle de type ZNIEFF, ZICO ou NATURA2000 ».

Faut-il comprendre que l’eau polluée qui rejoindra ce fossé restera donc dans ce fossé ? Faut-il comprendre que les retombées atmosphériques se feront uniquement sur le site d’exploitation et pas sur les sols environnants de la commune ? 

Bien évidemment, tous les effluents liquides rejetés dans ce fossé, ainsi que les micropolluants dispersés par les fumées atmosphériques et retombant sur le sol à des kilomètres à la ronde termineront leur trajet dans l’eau souterraine du sous-sol karstique de Lemuy et donc l’eau du Lison. La carte IGN est un bien maigre ressort pour justifier du respect des prescription générales. Dans un massif calcaire karstique, les cours d’eau sont aussi bien superficiels que souterrains, et beaucoup de ruisseaux temporaires parsèment les prairies de cette zone humide, notamment le Lison supérieur.

Prendre le risque d’installer une centrale d’enrobage à chaud sur un tel site parait donc inacceptable au regard des garanties limitées du dossier, de l’intérêt économique réduit que suscite cette exploitation comparé à l’intérêt sanitaire (eau potable de la commune), environnemental et l’attrait touristique très fort qu’est la source du Lison à Nans-Sous-Sainte-Anne.

Une pollution de plus ?

Les dernières études environnementales réalisées sur la Loue (et dont le Lison est le principal affluent) prouvent clairement l’impact très fort de l’agriculture locale sur la pollution de l’EAU et la dégradation du milieu aquatique, suscitant de vives émotions. À l’heure où les préoccupations des citoyens sont d’abord tournées vers l’écologie, personne ne souhaite compléter la liste avec ce type de pollution industrielle, d’autant que notre rivière est suivie de très près par la fédération de pêche du Doubs (inventaires piscicoles, pêches électriques pluriannuelles, mesures que la qualité de l’eau).

Après Enquête Publique et Avis défavorable au Projet à une large majorité du Conseil Municipal de Lemuy, le préfet a désormais le pouvoir de décision

Ne laissons pas dégrader davantage le LISON !!!

1 commentaire sur “Protégeons le Lison : NON à la centrale d’enrobage de Lemuy (39)”

  1. Bonjour à tous,
    plusieurs choses à dire sur ce « post » bien trop partisan.
    1) il est écrit que la dernière étude sur la Loue et ses affluents aurait démontré « clairement l’impact de l’agriculture sur la dégradation ….etc » Je dois rappeler qu’il n’y a rien de tel dans cette étude qui ne propose sur ce sujet agricole que des conjectures dont certaines sont contestées par l’INRA lui-même où relèvent de l’absurdité comme l’influence du flottage qui n’a jamais été confirmé par les historiens dans la durée, du bois ( sous LOUIS XIV !) pour expliquer la dégradation de la qualité des rivières; j’enfoncerai encore le clou de la critique en indiquant que la présence de DDT et d’atrazine dans les sédiments de la LOUE ne peut être révélée que par l’utilisation des produits chimique d’extraction très puissants qu’on ne peut jamais rencontrer dans la Nature …. etc… etc…
    2) je pense aussi que les rédacteurs de ce post n’ont pas lu cette étude signée BADOT car y figure pourtant des mentions très explicites sur les pollutions susceptibles d’arriver dans les cours d’eau par les enrobés et leur fabrication (fumées). Il s’agit des HAP ou hydrocarbures aromatiques polycycliques. Ces éléments sont ceux qui sont à craindre pour la contamination par les rejets de cette Centrale d’enrobés.
    Or dans l’article personne n’évoque ces HAP qui sont même kes pkus à craindre dans cette situation.
    3) Depuis qu’on le connait bien, écologiquement parlant (donc depuis > 50 ans), on sait que le Lison a toujours souffert d’une très importante pollution organique et depuis sa source; il n’y a qu’ y aller voir en ce moment : désastreux ! empêcher le projet de ce post d’enrobage ne sauvera donc pas le Lison.
    4) un poste d’enrobés est une installation temporaire et s’il s’agit de fournir du « macadam » pour les routes des plateaux du Jura et du Doubs, je crains que sont installation ailleurs sur le plateau rencontre les mêmes problèmes de karst qu’à Lemuy et, en plus, s’il faut transporter l’enrobé chaud fabriqué en plaine sur de grandes distances, je ne vois pas où seraient les avantages pour l’environnement.
    4) je pense que si SOS-LOUE cherche des poux aux postes d’enrobés, il faudra aussi s’attaquer à toutes les chaussées qui auront reçu ces enrobés et sur lesquelles la pluie ne manquera pas de ruisseler… Maéis sans doute d’aucuns veulent revenir aux chemins blancs encailloutés de nos ancêtres ?
    5) il serait plus intelligent d’imposer une imperméabilisation du site, qui ne sera pas très étendu et un traitement des eaux de ruissellement par électro-coagulation (idem lavage des citernes d’hydrocarbures). Ce type de traitement peut être transporté d’ub site d’enrobage à un autre avec le reste des machines.

    Enfin, le Lison est presque partout, un désert halieutique voire biologique et il mériterait d’être utilisé pour établir une réserve d’eau potable pour tout le Département du Doubs et qqs communes du Jura (retenue).

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