Le collectif SOS Loue et Rivières comtoises dénonce la nouvelle pollution qui touche le ruisseau de la Tanche à Morteau depuis le 19 mai. Plus de 10 jours après sa détection, la source ne semble toujours pas identifiée avec certitude, alors même que les hydrocarbures menacent un milieu fragile, situé en zone humide, et donc particulièrement vulnérable.
Le ruisseau de la Tanche n’est pas un simple fossé anonyme. C’est un milieu vivant, connecté à un environnement humide, et il se jette ensuite dans le Doubs : ce qui s’y déverse ne s’y arrête pas ! Quand une pollution localisée se prolonge plusieurs jours sans être stoppée à la source, c’est tout l’aval qui en subit les conséquences.
Une pollution qui dure
Détectée le mardi 19 mai, cette pollution aux hydrocarbures a entraîné l’installation de barrages et des opérations de protection pour éviter sa propagation vers le Doubs. Mais malgré les moyens mobilisés, l’écoulement a semblé se poursuivre pendant plusieurs jours, ce qui est inacceptable.
Ce point est essentiel : il ne s’agit pas d’une pollution diffuse, difficile à circonscrire, mais d’un rejet localisé. Lorsqu’une pollution est repérable, contenable et potentiellement liée à un point d’émission précis, il faut remonter immédiatement à la source, identifier le responsable et faire cesser le rejet sans délai.
Un secteur déjà touché
Ce qui rend cette nouvelle alerte encore plus grave, c’est qu’elle intervient dans un secteur où les atteintes au ruisseau de la Tanche sont récurrentes. Par exemple, en 2020 déjà, SOS Loue et Rivières comtoises alertait sur une pollution de ce même cours d’eau, preuve que ce site n’est pas un point isolé mais bien un secteur à surveiller de très près.

Cette répétition pose une question simple : combien de fois faudra-t-il encore constater les dégâts avant d’agir réellement sur les causes ? Tant que les investigations ne débouchent pas sur une mise en cause claire, des mesures de prévention renforcées et un contrôle effectif des sources potentielles, la même scène risque de se reproduire.
Protéger l’eau, pas temporiser
La priorité doit être la protection de l’eau, pas la gestion de l’après-coup. Laisser durer et se faire répéter des pollutions dans un tel secteur revient à accepter une dégradation durable d’un patrimoine naturel commun.
Nous demandons que toute la chaîne d’action soit accélérée : identification de la source, contrôle des installations ou activités susceptibles d’être en cause, arrêt immédiat des rejets, transparence sur les résultats d’analyses et communication publique claire. Plus une pollution localisée dure et se répète, plus elle devient le symptôme d’un défaut de réaction institutionnelle.
Ce que nous demandons
- La publication transparente des résultats d’analyses.
- Un contrôle renforcé des points sensibles du secteur.
- Des mesures préventives durables sur ce site récurrent.
- La protection effective de la zone humide et du Doubs en aval.
La Tanche n’a pas à devenir un collecteur de pollutions répétées. À Morteau, la protection de l’eau doit enfin passer avant l’habitude de constater, d’attendre et de réparer trop tard.
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