Perdu de vue : Avez-vous déjà vu la petite lamproie ?

Une enquête est lancée auprès de tous ceux qui ont un jour, même lointain, observé les petites Lamproies au cours d’une ou plusieurs sortie (s)  de pêche.

Souvent au mois de mai , après la période de reproduction de la petite Lamproie, on trouvait des individus morts dans les fonds de nos rivières. Or, cet Agnathe est en phase de disparition dans les rivières de Franche Comté. Nous avons besoin de recevoir des témoignages d’observations avec les dates et les sites pour faire un bilan. Envoyez-nous tous vos témoignages à info@soslrc.com

Description de la petite Lamproie

Un habitant méconnu de la Loue et du Lison, la petite Lamproie, ni poisson, ni serpent !

Son nom latin est Lampetra planeri (Bloch 1786), ou Lamproie de Planer, qualifiée de « chatouille » ou « sucet ». Elle appartient à la famille des Pétromyzonidés et à la classe des Agnathes, animaux primitifs sans mâchoires, ce n’est donc pas un Poisson.

Son corps d’environ 20 cm de long, est serpentiforme , de couleur jaunâtre. Les nageoires peu développées, donc peu visibles, lui donnent l’allure d’une petite couleuvre, d’autant plus que ses mouvements d’ondulation dans l’eau sont du même type. La bouche est entourée d’un disque en forme de ventouse, muni de dents labiales cornées. En arrière, les orifices respiratoires ou spiracles, au nombre de sept de chaque côté, correspondent avec une chambre branchiale où se font les échanges respiratoires. L’eau ne passe donc pas par la bouche. Autres détails anatomiques étonnants, le coeur n’a qu’un ventricule et une oreillette et le tube digestif n’a pas d’estomac.

La Lamproie de Planer vit uniquement dans des eaux pures et fraîches, sur fond sableux, et recherche les zones calmes où s’accumulent les débris organiques et la vase.

Les adultes ne se nourrissent pas, autre particularité étonnante ! Mais la vie d’adulte ne dure que le temps de la reproduction, de mars à juin, puis ils dépérissent et meurent. En revanche la vie larvaire dure de 3 à 5 ans, (on appelle cette larve « ammocète »). Elle vit enfouie dans le sable et la vase des bordures de la rivière, s’alimentant de petites proies comme les microinvertébrés_ Le passage de l’état larvaire à l’adulte est une métamorphose au cours de laquelle le tube digestif régresse, les yeux apparaissent, et surtout les organes reproducteurs se développent. La ponte a lieu, dans le sable où les géniteurs élaborent une sorte de nid qui reçoit les oeufs pondus.

La biologie de cette lamproie est donc très spécifique et en fait une espèce indicatrice de rivière de qualité. Elle est devenue très rare dans le bassin versant du Rhône, ainsi elle n’est plus signalée que dans les têtes de bassin, ou les rivières karstiques pures, comme les Sorgues. Toutes les pollutions qui entraînent le développement des algues filamenteuses et le colmatage des fonds, provoquent la disparition de l’espèce.

C’est pourquoi l’espèce bénéficie de mesures de protection prises dans le cadre de la Convention de Berne et des directives européennes de 1992. La protection des habitats de la Lamproie est inscrite dans le projet NATURA 2000 Loue-Lison.

L’espèce est classée  « vulnérable »  sur la liste rouge des poissons menacés de Franche-Comté depuis 2014 selon l’UICN.

Jean-Pierre Herold

1 commentaire sur “Perdu de vue : Avez-vous déjà vu la petite lamproie ?”

  1. il y a 3 jours fraie de lamproie de planer sur l’ognon en amont de Melisey au lieu dit La praille ainsi que sur l’Ognon au pont de Montessaux .Eviron 6 à 7 lamproies par fraie .

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