Loue, Dessoubre… pour toutes les rivières comtoises, le même combat

Ces derniers mois, le collectif SOS Loue et Rivières Comtoises s’est emparé de nombreux sujets notamment en Haute-Saône : extension de la véloroute, projet de ferme-usine, mais aussi dans le Doubs : brûlage de déchets le long du Doubs, rejets visibles à la sortie de quelques fromageries ou encore dans le Jura : casse-cailloux ou dégradations à la cascade des tufs.

Ces dossiers ne doivent pas nous faire perdre de vue le principal : la pollution systémique des rivières ! Nous épuisons des forces bénévoles, toujours rares et précieuses, à vouloir être sur tous les fronts. Mais en même temps, comment ne pas être révoltés par tous ces projets qui annoncent la destruction, l’un après l’autre, de ce qu’il reste de biodiversité dans nos milieux aquatiques ?

Et qui, sinon les associations de protection de l’environnement, pour agir et dénoncer ces dérives ? Qui pour mettre le projecteur sur ces atteintes à l’environnement qui, sans notre action, passeraient totalement inaperçues du public et des médias ?

En juillet 2019, Simon Calla, sociologue, écrivait ceci dans la conclusion de sa thèse consacrée à la pollution des rivières en Franche-Comté :

« Il semble {…} que l’absence de récents épisodes de mortalité piscicole a pu conduire à l’affaiblissement de la mobilisation collective, à la retombée progressive de certaines enquêtes et, ce faisant, à une «évaporation» du problème public de pollution des rivières. »

Simon Calla – Extrait de la conclusion de la thèse « Des poissons, des hommes et des rivières : sociologie d’un problème de pollution en Franche-Comté » Disponible en ligne http://www.theses.fr/2019UBFCC020

Et bien, nous le réaffirmons haut et fort, le collectif SOS LOUE ET RIVIÈRES COMTOISES est bel et bien présent ! Et se montrera encore plus présent tant qu’il le faudra ! Nous ferons en sorte que le public continue de s’emparer du sujet de la pollution des rivières et que ce sujet redevienne central.

L’environnement, dont les rivières et le milieu aquatique sont des piliers indispensables, ne doit pas être le grand oublié du plan de relance !

Si vous ne l’avez pas encore fait, rejoignez le collectif en cliquant ici, il est grand temps !

Développement algal sur le Dessoubre 25 Août 2020

Pour aller plus loin

Nous vous invitons à jeter un oeil au dernier article d’Isabelle Brunnarius intitulé : Dix ans après les mortalités des truites dans la Loue, la rivière a-t-elle été sauvée ?

On y retrouve notamment ce reportage tourné en février dernier.

1 commentaire sur “Loue, Dessoubre… pour toutes les rivières comtoises, le même combat”

  1. Bonjour à tous,
    très beau travail de Simon Calla: on peut regretter seulement qu’il n’ait pas fait plus de place au problème d’absence de leader dans la conduite de la lutte contre la dégradation des rivières comtoises. Tout le monde donne des avis et cela reste des avis, intéressants en démocratie mais stratégie bien inefficaces face à cette espèce de pandémie qui touche nos rivières. Banale analogie avec la crise actuelle de la Covid.
    Même le Laboratoire de Chrono-environnement se borne à lister des conjectures comme causes de la dégradation des rivières. Permettez-moi de douter des capacités de ce labo pourtant affilié au CNRS et à l’INRA pour réaliser des travaux de recherches sur la LOUE … faire de la recherche mérite plus de sérieux et de respect des financeurs publics qu’un catalogue d’hypothèses invérifiables, aléatoires souvent contestées et parfois farfelues.
    De plus les responsabilités de la réhabilitation sont diluées dans de multiples « machins » type CLE » où la réflexion scientifique fait cruellement défaut car les intervenants sont toujours les mêmes depuis 10 ans, bien souvent « étrangers » à notre pays et systématiquement dépourvus d’un sens de l’eau indispensable à la compréhension des phénomènes. Et ils affirment toujours ce que les « payeurs » veulent entendre.

    Il n’y a a pas de relation déterminante directe de cause à effet entre l’Agriculture et la qualité de nos rivières
    Il n’y a pas de relation déterminante directe entre la pollution urbaine et la qualité de nos rivières
    je dirais même qu’il n’y a aucune relation directe de cause à effet en écologie.

    Pourtant et les travaux de Verneaux l’ont prouvé, un paramètre est particulièrement influent dans ce qui se passe dans nos cours d’eau et personne ne semble vouloir s’y intéresser car ce serait ouvrir une sorte de boite de Pandore des erreurs commises depuis la finde la seconde guerre mondiale.

    La température max des eaux a beaucoup changé depuis les années 60 même si ce changement est de moins en moins visible au fur et à mesure qu’on se rapproche de la sources (ou des sources). Cependant il est indéniable et s’il manque 90% des truites à Cléron, c’est bien que l’eau est devenue trop chaude pour elles.

    L’augmentation de la température estivale des eaux est à rechercher dans le réchauffement climatique , certes, mais c’est peanuts dans notre cas, mais aussi et surtout dans l’abaissement alarmant des débits d’étiage estivaux : moins d’eau = eau plus chaude et aussi pollutions plus concentrées.
    Ces déficits d’écoulement estivaux sont la conséquence d’une sur-forestation incontrôlée et/ou subventionnée (>150 000 ha de forêts en plus depuis les années 50 dans le seul département du Doubs) dans laquelle les maires et propriétaires fonciers sont les seuls responsables…. ce sont les mêmes personnes qu’on retrouve dans la CLE, les SAGE, SDAGE, Syndicats n etc…. comment voulez-vous vous en sortir ?
    Ceux qui sont responsables des désordres de nos rivières sont désignés comme maitres d’oeuvre de leur réhabilitations (représentants agricoles et élus locaux) ??
    Cela ne fonctionnera jamais mais sans doute ces dix dernières années où les rivières ne s’améliorent pas, loin s’en faut ne suffisent-elles pas à ouvrir les yeux ?.

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