Epandage de lisier - image d'illustration

La Conf 70 monte au créneau contre la ferme aux 400 vaches

Quand on prône, comme la Confédération Paysanne de Haute-Saône, une agriculture paysanne respectueuse de la terre, de l’environnement et de ses travailleurs, on ne peut que s’inquiéter des projets de fermes-usines comme celle de Sorans-Lès-Breurey dont nous vous parlions en détails ici.

C’est dans ce cadre que la confédération 70 vient d’envoyer une lettre ouverte à la préfète du département. En voici quelques extraits ci-dessous et vous pouvez la retrouver en entier en bas de cet article.

Lettre ouverte à Madame la Préfète

« Le modèle de la ferme usine de Sorans-lès-Breurey est inquiétant pour l’avenir de l’agriculture haut-saônoise {…} en prenant la voie de l’industrialisation, de la concentration et de la standardisation dont nous connaissons hélas sur notre département les conséquences: disparition des transformateurs locaux, des abattoirs et des paysans.
Nous vous demandons d’étudier, au regard de nos inquiétudes, ce projet surdimensionné.

Nous demandons que le gouvernement français s’engage à défendre, au niveau européen, une véritable refondation de la PAC reposant sur :

  • la protection des paysans et de leur revenu, grâce à des mécanismes de régulation de marchés et de maîtrise des productions.
  • un mécanisme d’attribution des aides vers les actifs, plutôt que les hectares, avec un plafonnement efficient de ces aides.
  • le soutien de toutes les productions, sur tous les territoires, en particulier les oubliés de la PAC (maraîchers, arboriculteurs, PPAM, volailles, etc.).
  • de véritables mesures d’accompagnement à la transition vers l’agriculture paysanne, rémunérant l’évolution des pratiques, accessibles à tous les paysans. »
Lettre-ouverte-à-Madame-la-Préfète.

Pour aller plus loin

2020-09-02-Tract-Sorans-FNE-SOSLRC

6 commentaires sur “La Conf 70 monte au créneau contre la ferme aux 400 vaches”

  1. Tout cela nous éloigne de l’élevage de nos grands-pères.
    N’oublions pas que ce type de structure d’élevage existe déjà dans de nombreuses Régions françaises et depuis de nombreuses années (Charente-Poitou où j’en connais de très anciennes, entièrement robotisées).
    Il faut craindre l’abandon du pâturage et de tous ses avantages pour le maintien d’une forte biodiversité floristique et faunistique;
    Il faut craindre la saturation des sols maintenus en herbe qui seront saturés de déjections d’élevage (épandage classique)
    Mais penser que l’élevage sur paille est plus « écolo » que l’élevage sur caillebotis ou ciment raclé est une erreur courante. Les rejets de NH3 sont bien plus élevés avec l’élevage sur paille.
    Les lisiers (fèces + urines) sont plus faciles à traiter et à manipuler que les fumiers (mélanges avec paille ou sciures) encore faudrait-il que le Préfet (… ète) impose une station qui stabiliserait N et P sous des formes organiques peu solubles et pas volatiles, ce qui réduit considérablement les pertes d’azote et les odeurs.
    De l’azote qui part dans l’air sous forme de NH3 ce sont des nitrates supplémentaires dans les eaux de ruissellement.

    Il serait temps pour les décideurs et les associations qui veulent vraiment améliorer la situation des éleveurs et de l’Environnement, de regarder au delà des corporatismes, des syndicats divers et des habitudes pour produire « utile » pour la Société franc-comtoise et dans les respect de son environnement.

    Encore une fois, qu’est ce que ce combat a à voir avec la sauvegarde des rivières du massif jurassien ?

  2. Bonjour, il y a des avantages et des inconvénients à ce type de ferme. Les vaches auront un meilleur confort dans ces installations modernes, c’est certain, mais l’intensification fait peur à l’opinion publique!
    Les questions du besoin en eau et des futurs épandages devraient être le fer de lance de soslrc, plutôt que les tracts alarmistes..
    Pierre

    1. La Franche-Comté ne peut rester à la traine des évolutions relatives à l’élevage moderne.
      On importe déjà du lait d’Allemagne et de Hollande, quand ce n’est pas d’Espagne (Danone); ce type de modernisation des élevages est inéluctable pour la survie économique de nos paysans.
      Reste ce qu’il ne faut pas louper : les mesures d’axxompagnement de ces installations.
      Les modalités de la gestion des effluents d’élevage doivent être adaptées au besoin par des traitements permettant de réduire les quantités d’azote épandues par ha. Des techniques existent pour les effluents porçins et peuvent être adaptées aux effluents bovins. On peut en effet traiter pour que le rejet soit utilisable en irrigation et plus du tout en épandage.
      Il existe aussi un effet collatéral bien plus préoccupant. Les surfaces de pâturages vont être réduites et les prés qui ne pourront être fauchés (si on ne peut passer le casse-cailloux) risquent d’être transformés en forêts ce qui va encore réduire le débit estival de l’Ognon et de ses affluents.
      Il faut adhérer à ce projet pour la pérennisation de notre agriculture régionale mais en profiter pour en faire une économie remarquable du point de vue environnemental. Soyons donc exigeants et vigilants.

      Les ruisseaux et les rivières n’alimentent que rarement les nappes phréatiques; c’est généralement le contraire qui se passe.

  3. La Buthiers, petite rivière avec ses nombreux ruisseaux affluents est directement menacée par les éffluents de cette exploitation ( ce n’est pas une ferme ) . Ce tributaire de l’Ognon contribue à l’alimentation de la nappe phréatique qui est exploitée pour l’eau potable ( ? ) des communes .
    Les données de l’Agence de l’eau RMC montrent la dégradation de la qualité de la ressource .
    On continue ?

  4. Et donc que fait l’agence de l’eau si le bassin versant est trop sensible pour l’exploitation de 400 bêtes?
    10 exploitations de 40 bovins, vous pensez que c’est mieux ?!

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