Besançon : un bassin d’orage XXL

Le 13 décembre dernier, l’Est Républicain publiait un article annonçant la création d’un nouveau bassin d’orage à Besançon. Besançon : un bassin d’orage XXL sera construit à la Malcombe, sous le terrain de base-ball.

Des membres du collectif SOS Loue et Rivières Comtoises donnent leur avis sur ce projet : les bassins d’orage oui, mais il faut prévenir avant de guérir.

C’est quoi un bassin d’orage ?

Un bassin d’orage est avant tout un bassin qui retient les eaux pluviales excédentaires qui sont produites lors d’un fort épisode pluvieux.  Dans un système unitaire, où les eaux pluviales rejoignent, dans les canalisations, les eaux usées, ces bassins d’orage sont primordiales dans le processus d’épuration, mais pas toujours suffisants, loin de là.

Quels liens avec les rivières comtoises ?

Les rejets des stations d’épuration sont, selon l’étude menée par Chrono-Environnement, une des quatre causes principales de dysfonctionnements écologiques des rivières. Un gros travail, en collaboration avec le collectif SOS Loue er Rivières comtoises, est d’ailleurs en cours sur ce sujet avec la communauté de communes de Maîche, nous en reparlerons prochainement. La façon de gérer les rejets de stations d’épuration est un levier d’amélioration de la qualité de l’eau non négligeable au niveau local.

La station d’épuration de Port Douvot à Besançon

Quid de Besançon ?

A Besançon, tout ou presque est bétonné ou goudronné, ce qui entrave le cycle de l’eau et l’eau de pluie est stockée dans de gigantesques réservoirs.

Beaucoup d’argent sont mis dans ces bassins d’orage. Actuellement, quand on voit les déversoirs d’orage dans la boucle de Besançon lors des épisodes de pluies torrentielles et d’étiage, la situation n’est pas reluisante : la rivière devient un égout à ciel ouvert avec des kilos de papier de PQ et autre joyeusetés. Pourtant certains de ces déversoirs d’orage sont d’ors et déjà connectés à d’énormes bassins d’orage déjà existants.

Besançon : Mai 2020, les eaux charriant les déchets.

Des causes identifiables

La cause à quoi, alors ? L’imperméabilisation toujours croissante, la collecte des eaux de pluie plutôt que l’infiltration, l’augmentation de consommation d’eau plutôt que la sobriété.

Les systèmes de bassins d’orage sont utiles, mais idéalement, ils doivent être le dernier élément d’un système : une bouée de sécurité, mais pas une généralité.

Prévenir avant de guérir

Une vraie politique de l’eau devrait tendre à la réduction des consommations d’eau en amont dans l’habitat (qui déchargerait les réseaux), voire le développement de systèmes secs (toilettes sèches),  l’infiltration ou la récupération de l’eau de pluie, l’étanchéité des réseaux, ou encore la réduction de tous les polluants par l’interdiction des produits toxiques, des phosphates, des plastiques qui recouvrent petit à petit les berges de rivières.

Qui, aujourd’hui, rêve de plus de goudron ? Il faudrait que les politiques se convertissent à la sobriété, plutôt que d’avancer vers une écologie à la Californienne.

Nous espérons que ce point de vue exprimé contribuera à faire évoluer les approches au moment où la ville de Besançon dispose d’une nouvelle équipe écologiste.


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